Écrire pour le Web
L’Internet est un média à part, avec ses spécificités ; Un document écrit pour être publier sur papier n’est pas forcement adapté au média Internet. Voici quelques points à prendre en considération pour que vos pages Web aient un meilleur impact sur les internautes.
Quelles sont les particularités du média ?
- Il est plus difficile de lire à l’écran que sur papier. La lecture est plus lente et le lecteur fatigue vite. Il est même fréquent que pour lire un article intéressant et un peu long les internautes l’impriment avant de le lire à tête reposée.
- Si l’on se plonge dans la lecture d’un livre, sur le Web on « surfe ». Les internautes survolent les textes et ne s’arrêtent sur une phrase que si elle les accrochent. Cette habitude est à rapprocher du phénomène de « zapping » observé chez les téléspectateurs.
- L’écran représente une fenêtre ouverte sur une page. Mais comme les navigateurs modernes permettent à l’utilisateur de contrôler les polices de caractères et surtout leur taille, il n’est pas possible de prévoir à l’avance quelle sera exactement la plage vue.
- Lire la partie basse d’un article suppose une intervention (avec la souris ou le clavier) de la part du lecteur. Même si l’énergie dépensée est finalement très faible, les études montrent que les utilisateurs n’apprécient pas d’avoir à dérouler (scroller) la page pour lire la suite d’un article.
Quels sont les caractéristiques d’un bon document pour le Web ?
- La conclusion précède les développements :
Où l’auteur veut-il en venir ? Est-ce intéressant pour moi ? C’est seulement après avoir répondu à ces questions que l’internaute poursuit sa lecture; dans le doute il passe à l’article suivant, voire au site suivant. - Le texte est fortement structuré :
L’utilisation d’en-têtes et de listes permet au lecteur de reconnaître immédiatement la structure du texte ou de l’argumentation; Ceci améliore la compréhension et permet une lecture rapide. - Le style est concis, compréhensible, accrocheur :
Les longs discours ne sont pas de mise. Il en va de même pour un vocabulaire trop spécifique. Si le thème l’exige cependant, il serait peut-être plus opportun d’offrir aux utilisateurs un document PDF qu’ils pourront télécharger et imprimer. (Un document PDF permet de contrôler de manière satisfaisante la mise en page) - Les informations complémentaires et les détails sont accessibles par l’intermédiaire de liens :
Sur une page Web il n’est pas souhaitable de développer tous les détails mais il est nécessaire de fournir à l’utilisateur intéressé des liens lui permettant d’approfondir sa lecture. Ces liens peuvent bien entendu avoir pour cible des pages internes au site mais aussi des pages externes de référence, par exemple vers Wikipedia. - La typographie doit être adaptées à l’écran :
La règle d’or est d’utiliser une police sans serif pour les textes publiés pour l’écran (Arial étant la police la plus lisible) alors qu’une police avec serif comme celle-ci est certes plus élégante mais devrait être réservée aux publications papier ou aux titres (de plus grande taille). - Une mise en page fonctionnelle :
Les lignes de texte ne doivent pas être trop longue (difficulté à suivre une ligne à l’écran et surtout à trouver le début de la ligne suivante si trop éloigné) mais ne peut être non plus en colonnes comme dans les journaux en raison du manque de contrôle sur la longueur du texte affiché. Essayer de maintenir la longueur des lignes en dessous de 100 caractères. - Les informations et fonctionnalités importantes sont situées en haut de page :
Certaines fonctionnalités importantes (par exemple: aller à la page suivante ou précédente, remonter à la racine du document ou au sommaire) et certaines informations (Où suis-je ?) doivent être accessible à l’ouverture d’une page. - Apporter un soin particulier aux liens :
Les liens hypertextes sont l’essence même de l’Internet. Leur usage nécessite cependant quelques précautions :- Évitez le fameux « cliquez ici » et préférez des formulations plus explicites sur le contenu de la cible du lien et utilisez l’argument « title » pour que l’internaute obtienne des informations supplémentaires en maintenant la souris au dessus du lien.
- Éviter d’ouvrir une nouvelle fenêtre lorsque l’utilisateur clique sur un lien interne (En trois clics il sera perdu.)
Quelques bons exemples
- La délicieuse « langue sauce piquante » des correcteurs du monde.
Pour en savoir plus
- La sémiologie, où comment présenter un contenu académique en tenant compte des particularités du Web.
- Le site de Jakob Nielsen, le gourou de l’utilisabilité Web (en anglais).