Les pièges de la planification
La planification ne garantit pas le succès, mais sans planification vous ne serez certainement prêts ni pour pallier les aléas de la vie économique ni surtout pour saisir les opportunités qui se présenteront.
En planifiant essayons cependant d’éviter les écueils suivants :
- La planification ne vaut autant que les hypothèses sur lesquelles elle repose.
Trop souvent la planification repose sur des hypothèses dont le bien-fondé n’a pas été étudié avec suffisamment de soin. Ce sont généralement les choses les plus évidentes “a priori” qui vont poser problème : Le local supplémentaire que l’on ne trouve pas, l’employé à mi-temps qui devait remplir cette nouvelle tâche si essentielle et qui a besoin d’un plein-temps, le distributeur que l’on pensait trouver si facilement dans telle région, le développement informatique spécifique qui a pris plusieurs mois de retard, etc. Pour éviter cet écueil il est nécessaire d’estimer l’impact de la non-réalisation de chaque hypothèse
sur le résultat attendu. - La planification n’est pas de la magie.
Vous ne pourrez pas toujours atteindre ce que vous voulez.
Une erreur fréquemment commise consiste à écrire la page de conclusion en premier, celle que tout le monde aime à lire et qui rendra tout le monde heureux. C’est oublier que la planification est tout d’abord un exercice d’analyse et de recherche. Certes une orientation, un objectif sont indispensable mais on ne planifie pas pour se faire plaisir ; le but de l’exercice est de déterminer les ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs et de reconnaître les risques prévisibles. Dans la gestion d’une entreprise, il ne faut pas rêver, il faut avoir des objectifs et les garder en vue. - La flexibilité l’emporte toujours
Ceux qui se sont lancés un jour dans l’aventure de la construction d’une maison ont appris rapidement et souvent à leurs dépens que même lorsque tout est planifié, la mise en oeuvre conduira à modifier le plan. Et une entreprise n’est pas un conglomérat de matériaux, ce sont des hommes et des femmes, des groupes d’intérêts différents et un environnement en mutation constante. Le maître-mot ici est la flexibilité ; Un plan qui ne peut évoluer n’a pas besoin d’être écrit, il ne sert à rien et est même plus dangereux qu’utile. - La planification peut révéler des conflits
Le plan de l’entreprise est un document écrit fixant des priorités qui risquent de ne pas convenir à tous les membres du personnel et peut révéler des conflits. C’est un aspect de la planification qu’il ne faut pas négliger mais surtout qu’il faut considérer comme un de ses avantages principaux. Ces conflits sous-jacents réduisent considérablement l’efficience de l’entreprise et leur résolution permet d’augmenter la productivité. Nous avions déjà parlé de ce phénomène dans l’article “Mission, Valeurs, Vision“. - Il n’existe pas de modèle pour votre entreprise
S’il existe beaucoup d’ouvrages et de logiciels de planification, aucun n’est vraiment adapté à votre entreprise ! Vouloir suivre un modèle à la lettre ne conduit qu’à un exercice théorique sans valeur autre que pédagogique. L’essentiel de la planification est dans l’analyse des spécificités de votre entreprise. Les modèles sont utiles si on les utilise comme fil conducteur ou comme garde-fou pour ne rien oublier mais il s’agit de votre entreprise de votre personnel, de vos clients, de vos fournisseurs etc. - Une culture de l’écrit et de la précision
Souvent les participants aux réunions de planification en sortent enthousiastes et plein d’énergie. Ces sentiments sont très agréables mais la planification ne doit pas s’arrêter lé ; Il faut un plan écrit, des objectifs et des mesures précis (qui, quand, comment, combien, etc.) ainsi que des alternatives.
Il ne s’agit pas de “casser le moral” à vos collaborateurs mais ils ont besoin tout comme vous d’un document de travail écrit et précis.
En conclusion n’oublions pas que la planification ne nous permet pas toujours d’avoir “raison” mais bien souvent d’être prêt. Et puis une autre citation américaine : “I have seen the future; and it works.” (”J’ai vu l’avenir ; Et ça marche.”)